Solaire : une innovation européenne réduit les pertes optiques

Par Julien Mercier

il y a une heure


Laboratoire européen de photonique solaire montrant une cellule photovoltaïque expérimentale, des instruments optiques et des chercheurs observant les mesures.
Recherche photovoltaïque dans un laboratoire européen de photonique, autour d'une cellule organique expérimentale et de dispositifs optiques. Crédit : Nezna/généré par IA.
En bref
  • Des chercheurs de l'Institut de sciences photoniques de Barcelone ont amélioré le rendement de cellules solaires organiques en contrôlant les directions dans lesquelles elles émettent de la lumière.
  • Selon le média scientifique allemand scinexx, la meilleure cellule expérimentale atteint 19,08 % de rendement, contre 18,23 % pour une référence, soit un gain de 0,85 point. Ces mesures n'ont pas été certifiées indépendamment dans le cadre de cet article.
  • Le rendement de 43 % évoqué par les chercheurs reste une perspective théorique conditionnelle, et non une performance expérimentale.
  • L'expérience illustre les capacités scientifiques européennes dans un secteur dominé industriellement par la Chine. Son application commerciale dépend encore de la stabilité, des coûts et des performances sous un éclairage naturel.

Une cellule solaire ne perd pas uniquement de l'énergie en chauffant ou en laissant passer certains photons. Elle subit également une limitation thermodynamique liée aux directions dans lesquelles elle réémet de la lumière. À Barcelone, des chercheurs ont démontré qu'une modification de l'architecture optique pouvait réduire une partie de cette perte et améliorer la conversion du rayonnement solaire en électricité.

L'équipe de l'Institut de sciences photoniques (ICFO) a intégré une cellule solaire organique dans une cavité utilisant notamment des électrodes en argent. Selon les résultats rapportés par le média scientifique allemand scinexx, la meilleure cellule modifiée atteint 19,08 % de rendement, contre 18,23 % pour une référence expérimentale.

Les travaux ont été publiés dans Energy & Environmental Science en 2026, puis présentés par l'ICFO le 5 octobre. Leur couverture médiatique s'est poursuivie jusqu'au 11 octobre, notamment autour d'une perspective théorique proche de 43 %, très différente de la performance mesurée.

Cette recherche soulève deux questions : quelle amélioration physique les chercheurs ont-ils réellement démontrée, et à quelles conditions pourrait-elle devenir une technologie énergétique utile ?

Une perte énergétique liée aux directions de la lumière

Les cellules photovoltaïques absorbent des photons dont l'énergie peut être transformée en électricité. Plusieurs mécanismes limitent cette conversion : les photons insuffisamment énergétiques ne produisent pas de charges exploitables, une partie de l'énergie excédentaire est dissipée sous forme de chaleur et les recombinaisons électroniques réduisent l'énergie récupérable.

L'équipe catalane s'est intéressée à une autre limitation, connue sous le nom de perte de Boltzmann.

Vue depuis la Terre, la surface apparente du Soleil occupe un angle réduit. Le rayonnement solaire direct atteint donc une cellule dans un cône relativement étroit. En revanche, une cellule photovoltaïque conventionnelle peut émettre des photons dans une grande partie de l'hémisphère situé au-dessus de sa surface.

Cette différence entre les directions d'absorption et d'émission augmente l'entropie associée au rayonnement. Elle réduit la tension maximale théoriquement accessible et, par conséquent, le rendement potentiel de la cellule.

Le phénomène ne correspond pas simplement à des photons réfléchis ou perdus vers l'extérieur. Il concerne les conditions thermodynamiques dans lesquelles un dispositif absorbant la lumière peut également en émettre, ainsi que la quantité d'énergie électrique susceptible d'en être extraite.

La restriction angulaire des émissions était déjà connue en physique photovoltaïque. La contribution espagnole consiste à avoir réalisé une architecture expérimentale exploitant ce principe dans une cellule organique fonctionnelle, avec un gain électrique mesurable.

Une cavité optique utilisant des électrodes en argent

L'étude, intitulée Inhibited photon emission to overcome Boltzmann losses in an organic solar cell with a cavity configuration, est signée Francisco Bernal-Texca, Chiara Cortese, Mariia Kramarenko, Quan Liu et Jordi Martorell.

Les chercheurs ont utilisé une cellule organique inversée fondée sur le mélange PM6:Y6. Ces matériaux donneur-accepteur assurent des fonctions complémentaires dans la génération et la séparation des charges électriques après absorption lumineuse.

La modification essentielle concerne l'environnement optique du dispositif. Selon scinexx, les chercheurs ont remplacé l'électrode frontale transparente habituelle en oxyde d'indium-étain par une couche d'argent de quelques nanomètres. Associée à une électrode arrière en argent et à une couche d'oxyde de tungstène, elle forme une cavité optique.

Cette structure présente des propriétés de transmission et de réflexion variables selon l'angle des photons. Elle laisse pénétrer efficacement la lumière solaire incidente dans les directions recherchées, tout en réfléchissant davantage les émissions lumineuses obliques.

L'enjeu n'est pas de rendre la cellule globalement plus réfléchissante. Une couche métallique peut aussi absorber une partie du rayonnement utile et diminuer le courant produit. Les chercheurs doivent donc ajuster simultanément la transparence, la réflectivité, l'épaisseur des couches et leurs propriétés électriques.

Les mesures de fluorescence angulaire rapportées par scinexx indiquent que la cellule émet moins de lumière sous de grands angles. L'analyse prend également en compte l'absorption dans les couches métalliques et la réabsorption interne, afin de distinguer une modification des processus d'émission d'un simple blocage de la lumière sortante.

Cette observation optique ne suffit toutefois pas, à elle seule, à démontrer un meilleur rendement photovoltaïque. Il faut également constater un effet sur les caractéristiques électriques du dispositif. C'est ce que les mesures de tension, de courant et de rendement permettent d'examiner.

L'ICFO considère que la cavité peut être réalisée sans augmentation majeure de la complexité de fabrication au stade du laboratoire. Cette appréciation ne garantit ni la reproductibilité industrielle ni un coût compétitif.

Coupe conceptuelle d'une cellule solaire organique PM6:Y6 avec électrodes en argent, cavité optique et contrôle des directions d'émission des photons.
Principe d'une cavité optique photovoltaïque : le rayonnement solaire pénètre dans la cellule tandis que certaines émissions obliques sont réfléchies. Illustration pédagogique non conforme aux dimensions exactes du prototype. Crédit : Nezna/généré par IA.

19,08 % contre 18,23 % : un gain expérimental mesurable

Les chiffres rapportés par scinexx permettent de quantifier l'amélioration, tout en distinguant les mesures publiées des performances certifiées indépendamment.

Selon le média allemand, la meilleure cellule équipée de la cavité atteint un rendement de conversion de 19,08 %, contre 18,23 % pour une référence testée dans des conditions comparables. L'écart représente 0,85 point de pourcentage, soit environ 4,7 % d'amélioration relative.

Les moyennes des séries expérimentales montrent également un avantage. scinexx rapporte 18,52 % de rendement moyen pour la configuration de cavité la plus favorable, contre 17,76 % pour la série de référence correspondante. Le gain atteint 0,76 point, soit environ 4,3 % en valeur relative.

Dans une configuration étudiée, la tension à circuit ouvert augmente également de 7,9 millivolts, avec une légère progression de la densité de courant.

Pourquoi ces mesures doivent être considérées ensemble

Le rendement d'une cellule photovoltaïque dépend principalement de trois grandeurs électriques : la tension à circuit ouvert, la densité de courant de court-circuit et le facteur de forme. Ce dernier décrit la capacité du dispositif à délivrer une puissance proche de celle qu'autoriseraient idéalement sa tension et son courant.

Sous un éclairement donné, le rendement peut être exprimé par la relation PCE = Voc × Jsc × FF / Pin, où Voc représente la tension à circuit ouvert, Jsc la densité de courant de court-circuit, FF le facteur de forme et Pin la puissance lumineuse incidente par unité de surface.

Une augmentation de tension peut améliorer le rendement, mais son effet dépend aussi des variations du courant et du facteur de forme. Le gain de 7,9 millivolts rapporté pour une configuration ne suffit donc pas, isolément, à expliquer l'ensemble de la progression observée. Les données accessibles ne permettent pas d'attribuer précisément chaque fraction du gain final à chacune des trois grandeurs.

La réduction de fluorescence renseigne sur le comportement optique ; les mesures électriques déterminent si cette modification se traduit effectivement par une amélioration de conversion. Leur cohérence constitue l'intérêt expérimental du travail.

Ces résultats ne démontrent cependant pas un avantage commercial. La meilleure cellule d'une série ne représente pas nécessairement le rendement reproductible d'un procédé industriel, et une amélioration relative de 4,7 % ne correspond pas à un gain de 4,7 points de rendement.

Une limite documentaire demeure : les chiffres détaillés proviennent de scinexx, qui les attribue à l'étude scientifique. Le texte intégral de celle-ci et ses données supplémentaires n'ont pas pu être exploités directement pour cet article. Les conditions complètes de mesure, les distributions statistiques et une éventuelle certification extérieure ne sont donc pas confirmées indépendamment ici.

Pourquoi les chercheurs évoquent-ils 43 % de rendement ?

L'ICFO se réfère à la limite conventionnelle de Shockley-Queisser, évaluée à environ 33,16 % pour une cellule photovoltaïque à jonction unique, sous les hypothèses du modèle considéré. Cette limite intègre plusieurs mécanismes de pertes thermodynamiques, notamment ceux associés à l'émission lumineuse.

Selon Jordi Martorell, responsable des travaux, une cellule dont le cône d'émission serait suffisamment rapproché de celui du rayonnement solaire incident pourrait théoriquement approcher 43 % de rendement.

Ce scénario suppose une restriction angulaire beaucoup plus poussée et la maîtrise d'autres pertes présentes dans les cellules réelles. Il ne correspond pas au rendement obtenu par le prototype.

La limite de Shockley-Queisser ne constitue pas non plus un plafond universel. Les dispositifs multijonctions et les systèmes utilisant la concentration solaire peuvent dépasser certaines limites applicables aux cellules simples, dans des conditions physiques différentes.

L'intérêt de l'expérience réside donc dans l'introduction d'un paramètre supplémentaire de conception photovoltaïque, et non dans l'annonce d'un nouveau record.

Comparer les technologies sans confondre leurs performances

Pour apprécier la portée du prototype espagnol, il faut distinguer les cellules de laboratoire, les modules de grande surface et les technologies utilisant plusieurs jonctions.

Les Solar Cell Efficiency Tables, version 68, publiées dans Joule en juillet 2026, recensent des rendements photovoltaïques confirmés indépendamment selon les critères définis par cette compilation scientifique.

La publication rapporte notamment 28,1 % pour une cellule au silicium cristallin de 140 cm², 26,4 % pour un module au silicium d'environ 1,91 m² et 35,2 % pour une cellule tandem pérovskite-silicium d'environ 1 cm². Ces résultats sont associés au fabricant chinois LONGi, dans des catégories distinctes.

Pour les dispositifs organiques, les tableaux recensent un module Waystech/Nanobit de 1 475 cm² de surface d'ouverture désignée, avec un rendement de 13,1 % et une incertitude de mesure de 0,3 point.

Ces valeurs ne sont pas directement comparables aux 19,08 % rapportés pour la cellule espagnole. Les matériaux, les dimensions et les architectures diffèrent. Leur statut métrologique n'est pas non plus identique : les tableaux de Joule retiennent des performances vérifiées selon des critères établis, tandis que les résultats de l'ICFO sont ici connus par une source secondaire.

Les mesures terrestres de référence sont généralement effectuées sous un spectre AM1.5G, un éclairement de 1 000 W/m² et une température de cellule de 25 °C pour les catégories concernées. Ces conditions standardisées facilitent les comparaisons, mais ne représentent pas directement la production annuelle d'une installation extérieure.

Le silicium bénéficie d'une industrie mature et de performances élevées. Les tandems cherchent à exploiter plus efficacement différentes parties du spectre solaire. Les cellules organiques peuvent présenter des avantages lorsque la masse, la souplesse ou l'intégration sur certaines surfaces sont déterminantes, sous réserve d'une stabilité suffisante.

La restriction angulaire développée à Barcelone pourrait compléter ces approches. Les chercheurs estiment que son principe n'est pas réservé aux matériaux organiques, mais son application aux cellules au silicium reste à démontrer.

Europe et Chine : distinguer invention scientifique et puissance industrielle

L'expérience espagnole confirme que les capacités d'innovation ne sont pas nécessairement concentrées dans les régions qui dominent la production. Elle ne démontre cependant pas un rattrapage industriel européen.

Selon Energy Technology Perspectives 2026, l'Agence internationale de l'énergie estime que la Chine concentre environ 85 % des capacités mondiales de fabrication de la chaîne photovoltaïque et 95 % de celles des wafers, les tranches de semi-conducteur utilisées pour produire les cellules.

Le déploiement montre également son poids. D'après le programme photovoltaïque de l'AIE, environ 690 GW de nouvelles capacités solaires ont été installés dans le monde en 2025, dont 415 GW en Chine. L'Union européenne a ajouté 68 GW, l'Inde 54 GW et les États-Unis 43 GW.

Ces volumes traduisent une puissance industrielle et commerciale, mais ne constituent pas un classement des capacités scientifiques.

Les performances de LONGi illustrent les avancées réalisées par les industriels chinois dans les technologies à haut rendement. Parallèlement, l'ICFO témoigne des compétences européennes en photonique et en physique des dispositifs énergétiques.

La compétition ne se résume donc pas à une Europe qui inventerait face à une Chine qui fabriquerait. Les deux régions participent à la recherche et à la production, mais à des échelles différentes.

L'origine européenne d'une technologie ne garantit pas non plus son industrialisation sur le continent. Si la cavité optique devient exploitable, des fabricants de plusieurs régions pourraient s'y intéresser, selon les procédés disponibles, les accords de licence et les perspectives économiques.

Une innovation confrontée à la forte baisse des prix du solaire

Le passage d'une amélioration scientifique à un produit rentable intervient dans un marché particulièrement concurrentiel.

Selon une analyse de l'AIE publiée en août 2026, les prix des modules photovoltaïques ont diminué d'environ 50 % entre 2023 et 2025. Les investissements dans leur fabrication ont également plus que diminué de moitié, dans un contexte de surcapacités et de pression sur les prix.

Cette évolution favorise les acheteurs d'équipements, mais complique la rentabilisation d'une nouvelle ligne industrielle. Une technologie plus efficace doit désormais concurrencer des panneaux produits en grandes quantités, avec des procédés éprouvés et des économies d'échelle importantes.

Un meilleur rendement peut réduire la surface nécessaire pour produire une quantité donnée d'électricité. Toutefois, l'avantage économique dépend aussi des coûts de fabrication, de la consommation de matériaux, de la durée de vie et de la quantité d'énergie effectivement produite.

La concentration géographique des fournisseurs ajoute un enjeu stratégique. L'AIE souligne que certaines étapes de production situées hors du premier pays fournisseur ne disposent pas de capacités suffisantes pour compenser rapidement une rupture d'approvisionnement. Cette vulnérabilité peut justifier une diversification des procédés et des fournisseurs, sans démontrer que la technologie catalane y contribuerait directement.

Aucune donnée vérifiée ne permet actuellement de calculer le coût industriel par watt ni le coût actualisé de l'électricité pour cette nouvelle architecture.

Trois conditions avant une application commerciale

Maintenir les gains sous un éclairage naturel

Un panneau extérieur reçoit à la fois le rayonnement solaire direct et une composante diffuse provenant du ciel. La direction et la distribution de la lumière changent au cours de la journée et selon les conditions météorologiques.

Les chercheurs devront vérifier que la cavité continue d'absorber efficacement les photons utiles sous différents angles d'incidence. Si la restriction optique réduit aussi l'absorption d'une partie de la lumière diffuse, le gain mesuré en laboratoire pourrait diminuer en conditions réelles.

La performance décisive sera donc l'électricité produite sur une période représentative, et non le seul rendement instantané maximal.

Garantir la stabilité et la reproductibilité

Les cellules organiques peuvent convenir à certains usages légers, flexibles ou intégrés à des objets. Leur résistance à l'humidité, à l'oxygène, aux températures et à l'exposition prolongée à la lumière demeure toutefois importante.

Les électrodes ultrafines devront conserver leurs propriétés dans la durée. Une cavité fonctionnelle sur une petite surface devra aussi être reproduite avec des épaisseurs homogènes, des interfaces stables et un faible taux de défauts sur des modules plus grands.

L'argent est déjà utilisé dans certaines technologies photovoltaïques, mais sa quantité et son mode de dépôt dans cette architecture restent à évaluer industriellement.

Démontrer un coût de production électrique compétitif

Pour l'utilisateur, l'intérêt se mesure à l'électricité produite pendant toute la durée de vie du dispositif, rapportée aux dépenses de fabrication, d'installation et de maintenance.

Les sources examinées ne fournissent ni durée de vie certifiée, ni rendement de fabrication à grande échelle, ni bilan environnemental complet pour cette cavité. Ces données restent indispensables avant une comparaison économique crédible.

Ce que révèle le traitement international de l'annonce

Les sources consultées en Europe et en Asie convergent sur le mécanisme physique, mais accordent une importance différente aux résultats mesurés et au potentiel théorique.

En Espagne, l'ICFO présente directement les travaux et insiste sur la réduction des pertes de Boltzmann. Cette source institutionnelle est essentielle pour décrire l'étude, mais l'établissement possède un intérêt à valoriser ses recherches.

Le média spécialisé international pv magazine Global détaille surtout l'architecture de la cavité et son éventuelle application à d'autres matériaux. En Allemagne, scinexx apporte davantage de mesures quantitatives, notamment les rendements des meilleures cellules, les moyennes expérimentales et une variation de tension à circuit ouvert.

En Inde, Electronics For You privilégie l'approche de conception et les applications envisageables. Au Royaume-Uni, TechRadar met davantage en avant la perspective théorique de 43 %, tout en distinguant ce scénario de la performance obtenue.

Ces traitements régionaux ne constituent pas autant de confirmations scientifiques indépendantes : ils reposent principalement sur la même étude. Aucune reproduction extérieure n'a été identifiée dans les documents consultés. Les tableaux de Joule et les analyses de l'AIE apportent en revanche des références distinctes pour examiner les technologies concurrentes et l'environnement industriel.

L'ICFO déclare des financements européens et espagnols ainsi que des soutiens de fondations catalanes. Ces financements sont documentés ; aucun conflit d'intérêts commercial spécifique susceptible de compromettre les conclusions n'a été établi à partir des informations accessibles.

La prochaine preuve sera une production électrique supérieure en conditions réelles

L'équipe de Barcelone a démontré qu'une cavité optique pouvait limiter certaines émissions lumineuses et améliorer le rendement d'une cellule solaire organique. Le gain rapporté est mesurable, mais ne suffit pas à établir un avantage sur les technologies industrielles actuelles.

La question décisive n'est plus seulement de savoir si une cellule peut émettre moins de lumière dans certaines directions. Elle est de déterminer si cette restriction permet de produire davantage d'électricité sur une année, sous un ensoleillement variable, sans augmenter excessivement les coûts ni réduire la durée de vie.

Cette recherche montre que l'Europe continue de contribuer à l'innovation photovoltaïque dans un secteur où la Chine combine puissance industrielle et capacités scientifiques. La reproduction indépendante des résultats, puis les essais de stabilité et de production sur de plus grandes surfaces, permettront d'apprécier sa portée économique réelle.

FAQ

Quel rendement la cellule solaire espagnole a-t-elle atteint ?

Selon scinexx, la meilleure cellule modifiée atteint 19,08 %, contre 18,23 % pour une référence, soit un gain de 0,85 point. Ces chiffres proviennent d'une source secondaire et ne constituent pas une certification indépendante.

Les chercheurs ont-ils fabriqué une cellule solaire à 43 % ?

Non. Les 43 % correspondent à une perspective théorique conditionnelle reposant sur une restriction plus poussée des directions d'émission. Le prototype étudié reste proche de 19 %.

Cette innovation peut-elle renforcer l'industrie photovoltaïque européenne ?

Potentiellement, si le principe devient applicable à des dispositifs durables et compétitifs. À ce stade, l'expérience confirme une capacité scientifique européenne, mais ne démontre ni un rattrapage industriel de la Chine ni une future commercialisation.

Sources et références